
| Accueil | Stop à la chasse aux phoques ! |
Comme tous les ans à partir du mois de juillet, le sable des plages namibiennes devient rouge sang par le massacre de plusieurs dizaines de milliers d’otaries. Malgré leur co-existence paisible avec les humains, les petits sont séparés de leurs mères pour être massacrés. Comme le montre les enquêtes vidéos, les petits rejettent le lait maternel par la bouche et le nez, après avoir été poignardés.
À une période très éloignée, des colonies d’otaries vivaient sur les deux plus grandes îles côtières d’Afrique du Sud, Robben Island et Dassen Island. Des otaries étaient régulièrement retrouvées échouées ou noyées sur les côtes d’Afrique du Sud, à leur naissance. Le gouvernement sud africain qualifiait cette tragédie de naturelle.
Chassés de leurs îles natales, les otaries ont été parquées dans des îles de la taille d’un rocher et sans cesse inondées lors de la hausse du niveau de la mer, par temps d’orage. La politique de contrôle de la population de ces animaux n’autorisait alors qu’un seul mètre carré pour trois ou quatre otaries. En cas d’inondation, les otaries se retrouvaient entassées de huit à douze sur un seul mètre carré, ce qui rendait tout mouvement insupportable. Les nouveaux-nés, ne sachant pas encore nager, étaient quant à eux emportés par la mer. En plus de la noyade, la famine causée par la surpêche, l’emprisonnement dans les filets des pêcheurs et bien sûr le massacre sont les causes évidentes de la considérable diminution de la population des otaries. Pour survivre, les colonies d’otaries, proches de l’extinction, se réfugient sur le continent.
Un programme de Seal Alert SA, organisation active depuis 1999, qui lutte pour mettre fin aux injustices, à la cruauté et aux abus, directement sur le terrain et dont les principales méthodes sont l’enquête, le secours et la réhabilitation des otaries, est actuellement en place pour rendre l’île de Robben Island aux otaries.
Malgré le fait que les otaries du Cape figurent sur la liste de la CITES (Convention on the International Trade in Endangered Species), ces animaux continuent d’être exportés à travers le monde. En 1990, l’Afrique du Sud met fin à la chasse aux otaries. Protégées par le Seal Protection Act depuis 1973, les otaries continuent d’être massacrées en Namibie sans qu’aucun chasseur n’ait été arrêté pour ces actes de cruauté. La Namibie demeure l’un des seuls pays à utiliser des pratiques particulièrement cruelles et inadmissibles. Les chasseurs rassemblent les bébés otaries sur la terre, en les empêchant de rejoindre la mer. Et comme les otaries tentent de s’enfuir, ils les poignardent à coups de couteau. Elles s’effondrent alors, rejetant le lait de leurs mères, et agonisent lentement, tout ceci avec la bénédiction du gouvernement namibien, qui accorde aux chasseurs le droit de torturer et de massacrer ces créatures sauvages et protégées. Les touristes encouragent également ce massacre et certains n’hésitent pas à y participer. La moitié du quota de l’abattage sélectif s’explique par le nombre de touristes participant à ces cruautés. Le quota de l’année 2006 était de 85000 bébés otaries et de 6000 adultes tués. Le quota 2007 excède même le nombre de bébés otaries à l’intérieur des colonies.
À cause d’anciennes lois, les pêcheurs sont autorisés à emporter dans leurs excursions des armes et des explosifs par « peur des pirates ». Chacun sait que le seul objectif réel est de cibler secrètement les otaries. Le prétexte de la Namibie pour justifier ces horreurs est l’industrie du poisson. Des scientifiques ont mené des recherches et ont prouvé que ce massacre ne se justifiait pas, puisque 98% de la récolte de poissons sont exportés, contre seulement 2% consommés localement, mais le gouvernement namibien refuse de l’admettre. Encouragés par le gouvernement, les pêcheurs touchent une généreuse récompense par tête. Beaucoup d’otaries, à défaut d’être tuées, se retrouvent prisonnières des filets des pêcheurs et blessées par les sangles qui s’enroulent autour de leur cou. Les otaries du Cap sont une espèce protégée depuis 1973, mais étrangement, aucun texte n’a été rédigé à ce sujet. Les courriers adressés au Président namibien restent ignorés. Quant au Premier Ministre Nahas Angula, il réclame fermement l’augmentation des quotas chaque année. Le massacre des otaries de Namibie est le plus grand massacre de mammifères marins au monde. La Namibie ne s’aligne pas sur les autres nations à propos de la protection des animaux marins, et l’augmentation continue des quotas représente une véritable menace pour l’avenir de la vie sauvage.
Comme le montrent les études récentes sur la globalité des revenus générés par la présence des otaries en Namibie, il est irréfutable que ces dernières rapportent une véritable fortune au gouvernement namibien lorsqu’elles sont vivantes ! En effet, comme ces dernières ont du établir leurs colonies sur le continent, elles attirent chaque année l’attention des touristes du monde entier sur les plages de Cape Cross, Atlas Bay et Wolf Bay. Un rapport établi par Economists at Large [1] à l’initiative de plusieurs associations internationales de protection animale [2] compare ces revenus à ceux générés par l’utilisation des fourrures de ces mêmes animaux. Le rapport indique que pour l’année 2008, la chasse n’a rapporté que 513 000$ contre 2 millions de dollars engendrés par l’observation des otaries. Il se base en outre sur une analyse très précise des deux industries et de leur fonctionnement pour déduire que la chasse représente une menace sérieuse pour l’avenir de l’observation des otaries. Cette dernière est une source bénéfique fiable et durable pour l’économie et son potentiel est impressionnant : en 2016, les revenus qu’elle génère devraient atteindre 3,2 millions de dollars. Ces revenus sont également bien mieux répartis dans la société namibienne en favorisant les établissements dédiés au tourisme. Ce développement bénéfique est directement menacé par la chasse qui se déroule le matin sur les plages entre juillet et novembre, quelques heures avant l’arrivée des premiers touristes. Malgré les efforts du gouvernement pour la dissimuler, une telle activité nuit de plus en plus à la réputation des compagnies Eco-tours namibiennes et menace donc l’économie du pays.
Ecrivez aux autorités namibiennes
Signez la pétition contre la chasse aux otaries en Namibie.
[1] The economics of seal hunting and seal watching in Namibia
[2] WSPA, HSI, Respect for animals et Bont voor Dieren